Rôle potentiel de la rTMS dans le traitement du tremblement orthostatique primaire.

 

Le tremblement orthostatique primaire (TOP) se manifeste, lorsque la personne se tient debout, par une sensation d’instabilité qui s’améliore en marchant ou en position assise. Il est associé à un tremblement rapide (13-18Hz) des muscles des cuisses ou des jambes. Les traitements sont peu nombreux incluant des médicaments (propanolol, clonazepam et gabapentin) ou des techniques invasives telles que la stimulation cérébrale profonde du thalamus. Dans les 2 cas, les bienfaits sont limités. Récemment, par IRM fonctionnelle, il a été montré que l’activité cérébelleuse peut être modulée par la stimulation magnétique transcrânienne répétitive à basse fréquence (rTMS). Les auteurs rapportent les effets d’une session de rTMS à basse fréquence sur l’amélioration de l’instabilité et de l’équilibre et suggèrent que ces effets passent par une modulation de l’inhihition cérébello-corticale (CBI). La CBI reflète le tonus inhibiteur que le cervelet exerce sur le cortex moteur primaire, mécanisme qui joue un rôle majeur dans de nombreuses fonctions motrices.

Cette étude, randomisée en double aveugle, a concerné un groupe de 10 patients TOP (4 hommes, 6 femmes) d’âge moyen  (71,3 ± 8,3  ans ; durée du TOP 14,7± 10,7 années ;  durée moyenne de l’instabilité 97 ± 74 s ; fréquence du tremblement (15,5± 0,7 Hz). Les patients n’avaient reçu aucun traitement médicamenteux depuis 12h avant le début de l’expérimentation. Le groupe témoin était constitué de 9 sujets sains de sexe et d’âge identiques. La rTMS  est délivrée de façon séquentielle sur chaque hémisphère cerébelleux (bobine située à 3cm latéral à l’inion sur la ligne joignant l’inion au canal auriculaire). Tous les sujets sont porteurs de bouchons d’oreilles pour ne pas connaître la fréquence appliquée. Les stimulations de rTMS réelles ou simulées (énergie délivrée<10% à celle active) sont conduites sur 2 jours consécutifs. Les performances d’équilibre en position debout et en marche pendant 10 mètres sont appréciées selon l’échelle du test Fullerton Advanced Balance (FAB) ; l’amplitude du tremblement est mesuré par EMG et la CBI appréciée  par TMS aux temps To (avant rTMS), T1 (immédiatement après rTMS) et T2 (1 h après rTMS). Simultanément, l’équilibre et la marche sont appréciés en aveugle par deux neurologues à partir d’enregistrements vidéo. La CBI a été évaluée selon un paradigme standardisé par stimulation magnétique à impulsions appariées (stimulus de conditionnement délivré au niveau du cervelet suivi d’un stimulus d’essai mesuré au niveau du cortex moteur controlatéral).

Chez les patients TOP, les résultats indiquent une amélioration significative du score FAB (p=0,02) au temps T1 comparativement à T0 (basal). Cette amélioration à T1 est aussi observée par vidéo bien que non significative (p=0,1). Au niveau individuel, à temps T1, la durée d’équilibre est améliorée chez 8/10 patients (164± 184s) comparés à 2/10 patients lors d’une pseudo-stimulation (21±22,6s). L’index CBI significativement augmenté au temps T0 dans le groupe TOP comparé au groupe contrôle sain (p<0,01) se normalise après une stimulation rTMS réelle vs une pseudo-stimulation au temps T1. En revanche, l’amplitude du tremblement reste inchangée à T1 ou T2. On note une absence de corrélation avec les paramètres âge, genre, âge du début, durée et fréquence du TOP. Les auteurs concluent qu’une stimulation rTMS de basse fréquence au niveau du cervelet est bien tolérée et améliore, sur la durée, l’équilibre des patients TOP, vraisemblablement via une diminution de l’excitabilité cérébello-corticale. Cependant cette étude, faite sur un faible échantillon d’individus et en utilisant qu’une seule fréquence de stimulation rTMS, demande à être complétée pour s’affranchir d’éventuels biais expérimentaux.  

Article original : Potential role for rTMS in treating Primary Orthostatic Tremor Wei Hu, Joseph Legacy Amy Ferng Aparna Wagle Shukla, Brain Stimulation, 2020;13(4):1105-1107.

Rédaction : Nicole Sarda, relecture Marie-Hélène Bassant, Chercheurs ScienSAs’-INSERM NeuroPsy.

 

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