La revue Mouvements du Club des mouvements anormaux publie un nouveau numéro consacré aux mouvements anormaux fonctionnels (anciennement psychogènes). Silvio Galli (Besançon), Pierre Pollak (Genève) et Selma Aybek (Genève) décrivent dans l’article principal les mouvements anormaux fonctionnels qui représentent des pathologies fréquentes en neurologie et posent un problème de diagnostic et de prise en charge. Les neurologues rappellent que ces mouvements anormaux ont été qualifiés de manière diverse, psychogènes, conversifs, dissociatifs, somatoformes jusqu’à la cinquième et dernière version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V) qui a retenu le terme de trouble fonctionnel neurologique dans un souci d’uniformisation. Les nouveaux critères prennent en compte les signes cliniques des mouvements anormaux et démontrent l’incompatibilité entre les symptômes et une cause organique. La prévalence des troubles neurologiques fonctionnels, précisent-ils, est comprise entre 1 et 9 %. Dans les services de neurologie spécialisés dans les mouvements anormaux, la prévalence varie entre 3,3 et 3,6 % avec un tremblement dans 40,6 à 50 % des cas, des myoclonies dans 4,3 à 14 % des cas notamment. L’âge médian est compris entre 40 et 50 ans avec une prédominance féminine (ratio : 2,5). Les personnes concernées par ces mouvements anormaux fonctionnels présentent fréquemment des comorbidités psychiatriques (dépression, troubles anxieux, troubles de la personnalité).
Les auteurs présentent aussi le mode d’apparition de ces mouvements anormaux, brutal, d’emblée maximal avec un facteur précipitant, l’évolution est stable avec des périodes de rémission et d’aggravation. Il entraîne un handicap sélectif pour une activité avec une discordance entre l’examen clinique et le retentissement social du mouvement anormal. Les auteurs présentent un tableau des signes cliniques suggérant une origine fonctionnelle à partir de l’étude de Gupta A, Lang AE. Psychogenic movement disorders : Curr Opin Neurol 2009;22:430-6. :

Silvio Galli, Pierre Pollak et Selma Aybek présentent alors le tremblement fonctionnel et détaillent les différentes caractéristiques. Le tremblement fonctionnel présente souvent, selon les auteurs, une grande variabilité en amplitude, en fréquence et en direction. Plusieurs tests cliniques permettent de définir le caractère fonctionnel du tremblement, l’entraînement, la distractibilité, la suggestibilité et la coactivation.
Ce nouveau numéro de la revue Mouvements est téléchargeable ici.
Le Club des mouvements anormaux avait publié dans son numéro précédent les actes du symposium européen sur le tremblement essentiel organisé par le Club des mouvements anormaux avec Aptes, ce numéro de la revue Mouvements est téléchargeable ici.



