Symposium européen sur le tremblement essentiel

Günther Deuschl

Ci-dessus : le professeur Günther Deuschl (Kiehl, Allemagne)

Dans le cadre du Mois européen du cerveau, l’European Month of the Brain (EMOB) organisé par la Commission européenne et l’European federation of neurological associations (EFNA), le Club des mouvements anormaux, l’organisation professionnelle des neurologues spécialistes des mouvements anormaux des pays d’expression française et l’Association des personnes concernées par le tremblement essentiel (Aptes) ont organisé le 21 mai 2013 un symposium européen sur le tremblement essentiel à Lyon devant 150 neurologues spécialistes des mouvements anormaux.

Ce symposium européen a permis de présenter un panorama des connaissances scientifiques sur le tremblement essentiel et des perspectives thérapeutiques pour cette pathologie.

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Les photos du symposium européen sur le tremblement essentiel sont disponibles sur la page Facebook de Aptes, dans l’album Symposium européen sur le tremblement essentiel.

symposium européen sur le tremblement essentiel

De gauche à droite, le docteur Rick Helmich (Njemegen, Pays-Bas), le professeur Mario Manto (Bruxelles, Belgique), le professeur Emmanuel Broussolle (président du Conseil scientifique de Aptes) et le professeur Emmanuelle Apartis-Bourdieu (Paris)

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Le professeur Emmanuel Broussolle (Lyon), président du Conseil scientifique de Aptes, a ouvert la matinée en se réjouissant du succès de cette matinée par la présence à la fois de nombreux neurologues spécialistes des mouvements anormaux et de chercheurs en neurosciences mais aussi d’éminents spécialistes européens des mouvements anormaux, notamment les professeurs Emmanuelle Apartis-Bourdieu (Paris), Günther Deuschl (Kiehl, Allemagne), Mario Manto (Bruxelles, Belgique), José Obeso (Pampelune, Espagne), Pierre Pollak (Genève, Suisse), Yves Agid (Paris), Alain Destée (Lille), Paul Krack (Grenoble), Marie Vidailhet (Paris), les docteurs Michel Gonce (Liège, Belgique), Rick Helmich (Nijmegen, Pays-Bas), Elena Moro (Grenoble) et Tatiana Witjas (Marseille). De nombreux spécialistes français du tremblement essentiel étaient présents, notamment les professeurs Jean-Philippe Azulay (Marseille), Franck Durif (Clermont-Ferrand), Stéphane Palfi (Créteil), Marc Vérin (Rennes), les docteurs David Grabli (Paris), Charles-Pierre Jedynak (Paris), Marion Simonetta-Moreau (Toulouse) etc.

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Fabrice Barcq, président de Aptes, a remercié le professeur Pierre Pollak, président du Club des mouvements anormaux et le docteur Michel Gonce, son secrétaire général, le professeur Emmanuel Broussolle, président du Conseil scientifique de Aptes et le professeur Marie Vidailhet, sa vice-présidente de leur confiance en demandant à Aptes de participer à cet événement. Il a décrit l’activité de Aptes et les problématiques des personnes malades et en situation de handicap que Aptes a répertoriées dans l’exercice de ses missions. Le discours de Fabrice Barcq est intégralement retranscrit au bas de cet article.

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La première table ronde était introduite par le docteur Elena Moro (Grenoble) et le professeur Alain Destée (Lille).

Le professeur Mario Manto, dans une communication intitulée « Modèles expérimentaux et circuits impliqués », a tout d’abord rappelé les dernières découvertes sur les anomalies neurophysiopathologiques observées par l’équipe de New-York du professeur Elan Louis. Le tremblement essentiel pourrait être une maladie neurodégénérative. En effet, des corps de Lewy (anomalie cellulaire se présentant sous la forme de petites agrégations sphériques de neurofilaments) sont retrouvés dans le tronc cérébral de personnes souffrant de tremblement essentiel et rappellent ceux que l’on trouve dans la substantia nigra de certains parkinsoniens.

Deux types histologiques différents ont été identifiés pour cette pathologie : celui dans lequel les corps de Lewy prédominent et un deuxième type caractérisé par des anormalités cérébelleuses. Ces anormalités comprennent aussi bien un « gonflement » (ou torpedoe) du segment initial des axones des cellules de Purkinje situées dans le cortex cérébelleux que la disparition de certaines d’entre elles. Des pertes neuronales ont également été détectées dans le noyau dentelé, le plus latéral des noyaux profonds du cervelet sur lesquels projettent les cellules de Purkinje. Bien que les prélèvements à partir desquels ces profils histologiques ont été établis soient malheureusement peu nombreux et issus de personnes généralement très âgées, ils suggèrent que l’origine des symptômes moteurs du tremblement essentiel pourrait être diverse.

Le professeur Mario Manto a ensuite décrit le modèle murin de tremblement essentiel. L’injection d’harmaline chez le rongeur (principalement chez le rat) est aujourd’hui considérée comme le principal modèle animal du tremblement essentiel. En outre, les données électrophysiologiques et pharmacologiques obtenues avec ce modèle renforce l’idée selon laquelle la synchronisation et l’augmentation de la fréquence de décharge des neurones olivaires projetant sur le cervelet représenteraient des mécanismes importants dans la genèse du tremblement. Les travaux basés sur l’injection d’harmaline s’intéressent généralement aux conséquences cellulaires et neurochimiques de l’activation olivocérébelleuse sur les cellules de Purkinje du cortex cérébelleux. Or des données préliminaires obtenues au laboratoire d’Unité d’étude du mouvement (UEM) par la technique de microdialyse sur des rats Wistar® ont permis de montrer que l’infusion unilatérale d’harmaline dans les noyaux profonds y provoque une libération massive de glutamate. Par ailleurs, les premiers tests moteurs suggèrent qu’une injection du produit dans ces mêmes noyaux s’exprime, sur le plan comportemental, par une légère ataxie. Le professeur Mario Manto a souligné que le modèle animal semblait ne pas reproduire parfaitement le tremblement essentiel en raison de l’intermittence du tremblement chez la souris, un effort scientifique devrait être porté à la fois sur la recherche des facteurs environnementaux susceptibles de favoriser le tremblement essentiel et sur le développement d’un modèle animal du tremblement essentiel.

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Le docteur Rick Helmich a ensuite présenté ses travaux de recherche scientifique sur les circuits impliqués dans la genèse du tremblement et plus particulièrement du tremblement parkinsonien.

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Le professeur Emmanuelle Apartis-Bourdieu a présenté les derniers travaux de recherche scientifique dans le domaine thérapeutique par l’utilisation de techniques de neurostimulation non-invasive.

Des études ont montré que le cervelet est hyperactif dans le tremblement essentiel. Ce premier argument a conduit le docteur Sabine Meunier à essayer de réduire cette hyperactivité du cervelet. Le second argument provient des études effectuées post mortem sur des cerveaux de personnes souffrant d’un tremblement essentiel. Les études anatomiques ont révélé des anomalies des cellules de Purkinje, les neurones principaux du cervelet, avec des gonflements appelés « torpedoes ». Or il existe actuellement la stimulation magnétique transcrânienne (SMTr), une technique non invasive qui permet de modifier l’activité des cellules cérébrales. Il s’agit de créer un champ électrique au niveau des cellules cérébrales qui va modifier l’activité de celles-ci. Selon le type de stimulation utilisée, il est possible soit d’augmenter soit de diminuer l’activité de ces cellules. Un seul essai thérapeutique avait utilisé la SMTr du cervelet dans le tremblement essentiel avant les travaux du docteur Sabine Meunier. Une seule séance de SMTr améliorait le tremblement avec une diminution du score clinique de tremblement observée avec l’échelle de Fahn-Tolosa et Marin (FTM) et une diminution du tremblement à l’électromyographie. Néanmoins cet effet bénéfique avait disparu trente minutes après la stimulation. Lors des premiers essais de traitement de la maladie de Parkinson par SMTr (appliquée sur le cortex moteur et / ou prémoteur), une seule séance de SMTr entraînait peu ou pas d’amélioration des symptômes et ce n’est que lorsque le nombre de sessions de SMTr a été augmenté (six à huit séances) qu’un effet bénéfique prolongé a pu être observé avec un maintien de l’amélioration des symptômes jusqu’à un mois après l’arrêt de la SMTr. Par analogie avec les techniques utilisées chez l’animal, il était possible de penser que la répétition des séances était nécessaire pour que se développe une plasticité bénéfique dans les circuits neuronaux ciblés par la stimulation.

Quelques mots sur la SMTr. Elle est dérivée d’une technique ancienne appelée stimulation électrique transcrânienne (TES) testée dans les années 1940. Cette stimulation était cependant douloureuse car elle impliquait de grandes intensités afin que le courant électrique reste efficace en traversant l’os et la surface du cerveau appelée dure-mère. En 1980, un groupe d’Anglais a l’idée d’utiliser les champs magnétiques pour transférer de l’extérieur à l’intérieur du cerveau un champ électrique. Le champ magnétique a en effet l’avantage de traverser l’os et la dure-mère sans douleur et sans être atténué. Le champ électrique est créé à l’extérieur du cerveau ; généré sous certaines conditions, il induit un champ magnétique qui traverse l’os sans être atténué et une fois dans le cerveau, il réinduit un courant électrique. En pratique, la personne est assise tranquillement, elle a des électrodes collées sur la peau pour recueillir la réponse musculaire et le spécialiste applique ce champ magnétique par une sonde placée derrière la tête, juste devant le cervelet. La stimulation est précise car l’image cérébrale de la personne est entrée dans un neuronavigateur afin de cibler exactement le point précis calculé grâce à des capteurs sur la sonde et sur une caméra. Cette technique permet d’adapter la stimulation à l’anatomie de chaque personne. Cinq jours de stimulation inhibitrice du cervelet a donné dans le tremblement essentiel de bons résultats. L’amélioration clinique met du temps à s’installer et les effets de la SMTr apparaissent douze jours après l’arrêt de la stimulation mais les résultats sont statistiquement significatifs. Le docteur Sabine Meunier poursuit actuellement ses travaux dans une étude randomisée en double aveugle.

Le professeur Emmanuelle Apartis-Bourdieu a lancé des travaux de recherche sur la thérapeutique expérimentale du tremblement essentiel par la stimulation trans-crânienne par courant direct (TDCS) du cortex cérébelleux et du cortex moteur. 

Le tremblement essentiel est une affection fréquente, invalidante, partiellement ou non contrôlée par les drogues. Le tremblement essentiel s’accompagne de processus neurodégénératifs cérébelleux associés à une probable hyperactivité des voies de sortie cérébello-thalamiques. La stimulation magnétique trans-crânienne répétitive (rTMS) de fréquence inhibitrice (1Hz) du cervelet induit une amélioration durable du tremblement. Le cortex somatomoteur est impliqué dans les réseaux cérébraux qui entrent en oscillation au cours du tremblement essentiel. Le couplage des neurones cortico-spinaux commandant les muscles antagonistes extenseurs et fléchisseurs du poignet, par innervation réciproque intra-corticale et par interconnections thalamo-corticales, peut réaliser un mini-réseau oscillant puissant, dont l’activité rythmique est favorisée par l’augmentation de l’excitabilité membranaire. Compte-tenu de sa position anatomo-fonctionnelle, sur le circuit cérébello-thalamo-cortical impliqué dans la production du tremblement, ce réseau est susceptible de jouer un rôle d’amplificateur.

La stimulation trans-crânienne par courant direct (tDCS) est un autre moyen non invasif de moduler de façon durable et efficace l’excitabilité des circuits neuronaux corticaux et des neurones corticospinaux. La tDCS a été évaluée récemment comme outil thérapeutique dans diverses pathologies neurologiques (dépression, accident vasculaire cérébral, épilepsie). Appliquée au niveau du cortex moteur primaire, la tDCS cathodale induit une diminution de l’excitabilité corticale en regard en modulant localement l’activité de certains canaux ioniques. 

Le professeur Emmanuelle Apartis-Bourdieu souhaite, en utilisant la tDCS cathodale, inhiber l’oscillateur cortical et cérébello-thalamo-cortical mis en jeu dans le tremblement. La tDCS cathodale est d’utilisation très simple, peu coûteuse et d’une innocuité presque totale. Le professeur Emmanuelle Apartis-Bourdieu réalise aujourd’hui une étude exploratoire pilote, en double aveugle et contrôlée contre placebo, des effets bénéfiques attendus à court terme d’une séance unique de tDCS appliquée sur l’aire corticale motrice (M1) ou sur le cortex cérébelleux chez six patients ayant un tremblement essentiel. L’efficacité de la stimulation sera jugée, per-stimulation et au décours de celle-ci (à 10 et 60 minutes) par rapport à l’état pré-stimulation, cliniquement en évaluant l’amélioration des scores de tremblement (échelle de Fahn-Tolosa et Marin) et électrophysiologiquement (mesure de l’amplitude du pic de puissance (μV2) à la fréquence dominante du tremblement, mesure de l’amplitude grâce à l’aide d’une tablette graphique lors d’un dessin de spirale à main levée). L’objectif secondaire sera d’évaluer les conséquences de ces stimulations sur la fonctionnalité du réseau cérébello-thalamo-cortical afin d’appréhender les mécanismes physiopathologiques impliqués dans la genèse du tremblement essentiel.

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Le docteur Tatiana Witjas a ensuite présenté les traitements chirurgicaux du tremblement essentiel. Elle a présenté les résultats de la stimulation cérébrale profonde, le traitement neurochirurgical de référence du tremblement essentiel. Elle a aussi présenté les résultats de la radiochirurgie GammaKnife, une technique non invasive en cas de contre-indication à la stimulation cérébrale profonde.

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Le professeur François Cassim a présenté en présence du professeur Pierre Pollak, président du Club des mouvements anormaux, le parcours exceptionnel et les travaux brillants de recherche scientifique du professeur Günther Deuschl.

Le professeur Günther Deuschl a présenté une analyse de l’histoire scientifique du tremblement essentiel et une analyse des données scientifiques actuelles. Sa présentation fera l’objet d’une publication spécifique dans « Mouvements », la revue du Club des mouvements anormaux et « Aptes, le magazine du tremblement essentiel ».

En conclusion, des progrès doivent être accomplis au sein de l’Union européenne car la recherche scientifique sur le tremblement essentiel manque :

  • de données épidémiologiques,
  • de données génétiques,
  • de banques de tissus afin d’étudier la physiopathologie du tremblement essentiel,
  • de modèles animaux du tremblement essentiel.
  • de données physiologiques  pour développer les méthodes de stimulation cérébrale non invasive.

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Discours de Fabrice Barcq, président de Aptes :

« Messieurs les Présidents, Madame la Vice-Présidente,
Mesdames et Messieurs les Professeurs, Mesdames et Messieurs les Docteurs,

L’Association des personnes concernées par le tremblement essentiel, Aptes est tout d’abord fière de soutenir ce symposium européen sur le tremblement essentiel. Je tiens en particulier à remercier le professeur Pierre Pollak, président du Club des mouvements anormaux et le docteur Michel Gonce, son secrétaire général, le professeur Emmanuel Broussolle, président du Conseil scientifique de Aptes et le professeur Marie Vidailhet, sa vice-présidente de leur confiance en demandant à Aptes de participer à cet événement.

Vous le savez, le tremblement essentiel est une maladie neurologique et génétique. C’est la cause la plus fréquente de tremblements. Elle touche 1 personne sur 200. Elle concerne les femmes comme les hommes. Elle peut apparaître dès l’enfance et elle s’aggrave avec le temps.

Aptes rassemble, informe et aide les personnes malades. Elle sensibilise les professionnels de santé et le grand public au tremblement essentiel. Grâce aux dons de ses adhérents et de ses partenaires, la majorité des projets de recherche sur le tremblement essentiel en France est financée par Aptes. Aptes car nous pensons que nous sommes, nous, personnes concernées par le tremblement essentiel, aptes à une scolarité sans stigmatisation pour les enfants, aptes à des études librement choisies pour les étudiants, aptes à une vie professionnelle épanouie pour les adultes, aptes à une vie sociale pleinement accessible avec le tremblement essentiel. 

Afin d’atteindre ces buts, Aptes a six missions, rassembler, informer, aider, défendre, représenter et guérir.

Rassembler, ce sont aujourd’hui 1.500 adhésions en quelques années en France, en Belgique, en Suisse et au Québec. 

Informer, Aptes informe en diffusant tout d’abord une affiche « Vous tremblez ? Et si c’était une maladie neurologique ? Le tremblement essentiel touche 1 personne sur 200 » et des dépliants dans les services de neurologie, dans les cabinets de consultation neurologique mais aussi chez les médecins généralistes ou dans les pharmacies. 

Aptes a créé avec son Conseil scientifique un site Internet encyclopédique, ergonomique et fluide, Aptes.org entièrement dédié au tremblement essentiel. 130 pages auxquelles ont collaboré 26 neurologues, spécialistes des mouvements anormaux, afin de rédiger toutes les pages médicales et les pages scientifiques pour décrire la maladie, le parcours de soins, le quotidien avec les situations de handicap, la recherche, un état des lieux des connaissances scientifiques sur le tremblement essentiel. Un onglet communauté rassemble aussi  des témoignages et des récits de vie pour mieux comprendre la pathologie et la vie quotidienne avec le tremblement essentiel.

Aptes.org, c’est 7.000 visiteurs uniques par mois, plus de 20.000 pages vues chaque mois. Le top 5 des pages les plus consultées sont naturellement la description du tremblement essentiel, les symptômes, les traitements mais aussi la consultation en neurologie et le dossier pour la Maison départementale des personnes handicapées.

Aptes est aussi présente sur les réseaux sociaux, sur Twitter et sur Facebook avec sa page Aptes et son groupe Tremblement essentiel qui est le moyen d’accès privilégié des jeunes concernés par le tremblement essentiel pour prendre contact avec l’association. 

Aptes, c’est aussi une revue, « Aptes, le magazine du tremblement essentiel » qui donne chaque semestre la parole à un spécialiste des mouvements anormaux pour aborder une thématique précise de la maladie et qui donne aussi la parole à une personne malade et en situation de handicap pour raconter son parcours, ses difficultés mais aussi ses réussites, ses défis et ses espoirs.

C’est aussi une Newsletter, Aptes news adressée à 2.000 contacts et qui présente les actualités du tremblement essentiel mais aussi des nouvelles de la communauté de Aptes. 

Aider, Aptes info service est le service d’écoute de Aptes et il répond aux demandes d’orientation dans le système de soins et d’accompagnement dans la reconnaissance et la compensation du handicap. Ce sont 700 demandes qui parviennent chaque année à Aptes info service, soit directement sur la ligne d’écoute au 0 970 407 536 soit par le formulaire de contact sur Aptes.org

Qui appelle ? Ce sont tout d’abord des personnes souffrant de tremblements et qui n’ont pas de diagnostic. La première mission de Aptes, c’est de les orienter vers un service de neurologie ou un cabinet de consultation neurologique spécialisé dans les mouvements anormaux.

Aptes info service constate dans son activité d’écoute une moyenne de 10 années d’errance diagnostique pour la forme précoce du tremblement essentiel et de 2 années pour la forme tardive. Dans 1 cas sur 5, la personne a été orientée à tort vers un psychiatre pour résoudre des problèmes de « nervosité » et elle a développé un mauvais rapport à son tremblement recherchant dans son passé et dans des événements de sa vie personnelle les raisons de ce tremblement.

Cette errance diagnostique, cette psychiatrisation abusive de la maladie, sont extrêmement problématiques. Les personnes voient l’apparition du tremblement perturber toute leur vie quotidienne, elles ne contrôlent pas ce tremblement mais elles ne sont pas dirigées vers un neurologue. Elles sont jugées « nerveuses » et ce qualificatif les culpabilise à tort. Leur entourage leur demande de « se contrôler », de « se calmer », d’ « arrêter de trembler » comme si le tremblement pouvait être dépendant d’un effort de volonté.

Après leur consultation en neurologie, le diagnostic est enfin porté, il s’agit la plupart du temps d’un tremblement essentiel mais il peut aussi s’agir d’autres formes de tremblements pathologiques et notamment des tremblements rares comme le tremblement orthostatique primaire ou les myoclonies.

L’annonce du diagnostic par un neurologue spécialiste des mouvements anormaux est donc vécue comme un immense soulagement : il s’agit d’une maladie neurologique.

Avant le diagnostic, les personnes touchées par le tremblement essentiel pensent être seules au monde avec cette maladie, elles découvrent avec le diagnostic qu’il s’agit d’une pathologie extrêmement fréquente et que plusieurs centaines de milliers de personnes dans leur pays ont les mêmes difficultés, les mêmes préoccupations, les mêmes problématiques qu’elles… 

Aptes organise ainsi des réunions régionales de partage d’expérience grâce à ses délégués régionaux, ce sont des moments importants de partage durant lesquels ceux qui surmontent les difficultés du quotidien apportent aux autres à la fois des astuces, des trucs pratiques…

Actuellement, on ne sait pas guérir le tremblement essentiel ni enrayer son évolution mais des traitements permettent de soulager partiellement les symptômes et d’améliorer la qualité de vie de la personne malade mais en l’absence de traitement spécifique, l’acceptation de la maladie est un but, il faut apprendre à vivre avec la maladie, il faut apprendre à organiser sa vie quotidienne avec le handicap du tremblement essentiel et trouver des aides techniques ou humaines à chaque situation. Il faut alors faire preuve d’ingéniosité et de persévérance pour rester autonome et garder une bonne estime de soi. 

En effet, se raser, se laver les dents, se maquiller, boutonner une chemise, lacer ses chaussures, mettre une clé dans une serrure, boire, se nourrir, utiliser une carte de crédit, écrire, utiliser une souris d’ordinateur, bricoler, coudre… Lorsque l’on est atteint d’un tremblement essentiel, tous les gestes de la vie quotidienne deviennent difficiles voire impossibles. 

De nombreux adhérents de Aptes ont recherché des aides techniques, soit seuls, soit avec l’aide d’un ergothérapeute et ils ont partagé peu à peu leurs expériences. Ces échanges ont conduit à la parution de Aptes, le guide pratique du quotidien qui rassemble des aides techniques par activité : se laver, s’habiller, cuisiner, boire, manger, parler, se maquiller, sortir, voyager, écrire, utiliser l’ordinateur… Et comme il y a un déficit d’information sur la reconnaissance et la compensation du handicap, la deuxième partie de ce guide décrit les prestations administratives disponibles, leurs critères d’attribution et le mode d’emploi pour remplir les différents dossiers. 

Défendre, pour les enfants, il s’agit de veiller à ce qu’ils soient bien scolarisés dans l’école la plus proche de leur domicile et que le handicap ne soit pas une source de stigmatisation ou d’exclusion.

Pour les adultes, Aptes les accompagne dans la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et sur l’adaptation du poste professionnel mais aussi sur l’établissement d’un plan personnalisé de compensation pour la plus grande autonomie possible dans tous les domaines de la vie.

Pour les seniors, Aptes les accompagne dans les démarches nécessaires à leur maintien à domicile, ce sont principalement des aides pour la toilette, l’habillement, la prise des repas mais aussi pour la cuisine ou le ménage. Le tremblement essentiel dans sa forme tardive est beaucoup trop souvent associé à un tremblement sénile par les médecins généralistes, avec toujours une minoration du handicap vécu par la personne et une connotation péjorative.

Le Conseil scientifique de Aptes a obtenu la mise en place d’un référentiel avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie qui coordonne l’action des Maisons départementales des personnes handicapées. Ce référentiel intitulé « Fiche pratique d’aide à l’évaluation du handicap du tremblement essentiel » est présent dans toutes les MDPH et il vise à améliorer l’accueil des personnes concernées par le tremblement essentiel et à mieux répondre aux besoins de compensation du handicap. 

Représenter, Aptes représente les personnes concernées par le tremblement essentiel, principalement auprès du ministère de la Santé, du ministère de l’Éducation nationale, auprès de la Haute autorité de santé ou de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Elle travaille avec le Club des mouvements anormaux et l’Association des neurologues libéraux de langue française. 

Guérir, c’est l’espoir de tous les adhérents de Aptes.

En France, le tremblement essentiel reste une maladie orpheline du point de vue de la recherche scientifique. Deux axes de recherche sont en cours :

  • Identifier les gènes responsables du tremblement essentiel, ce qui permettra de développer des traitements spécifiques pour guérir la maladie,
  • Identifier les mécanismes cérébraux à l’origine du tremblement essentiel afin de mettre au point des traitements plus efficaces des symptômes de la maladie. 

La majorité des projets de recherche scientifique sur le tremblement essentiel en France est financée par Aptes. Les projets de recherche scientifique sont évalués par le Conseil scientifique de Aptes qui émet des recommandations à Aptes sur le financement des études scientifiques. 

Aujourd’hui, en quatre années, ce sont 160.000 € versés à la recherche scientifique sur le tremblement essentiel. Certaines de ces études scientifiques ont apporté des résultats encourageants qui seront abordés par certains des intervenants de cette matinée.

Je vous souhaite une bon symposium ».

le 24 mai 2013

publié le 24 mai 2013

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