Contexte : Le tremblement essentiel (TE) est le trouble du mouvement le plus courant, affectant environ 1 % de la population mondiale. La physiopathologie de la TE implique un réseau comprenant le cervelet, le thalamus et le cortex moteur, qui est interconnecté par le triangle de Guillain-Mollaret, le prélemnisque et le cortico-pontin. Une lésion dans n’importe quel composant de ce réseau diminue les tremblements. Dans les cas médicalement réfractaires, les interventions visant à moduler ce réseau, à savoir la stimulation cérébrale profonde (SCP) et la thalamotomie par ultrasons focalisés guidés par résonance magnétique (MRgFUS) se sont avérées efficaces pour soulager les tremblements. But de l’étude : Malgré les études sur l’emplacement optimal de la stimulation de la SCP et les lésions MRgFUS, il s’est avéré nécessaire d’affiner davantage les méthodes de ciblage de la thalamotomie MRgFUS étant donné ses taux non négligeables de complications précoces ainsi que son manque de réversibilité et de titratabilité par rapport à la SCP. Dans cette étude, les auteurs ont comparé les cartes d’efficacité de la SCP et de la MRgFUS qui décrivent la relation entre la localisation cible et les résultats cliniques pour identifier d’autres emplacements pour les lésions. En effet, au cours de la dernière décennie, l’intérêt s’est déplacé du ciblage du noyau intermédiaire ventral (VIM) thalamique ou de l’aire sous-thalamique postérieure (PSA), au ciblage des faisceaux de substance blanche des réseaux impliqués dans le TE, tels que le tractus dentato-rubro-thalamique (DRTT). Protocole: Les 118 patients inclus présentaient des tremblements de la main dominants médicalement réfractaires à 2 essais de médicaments thérapeutiques à dose complète et présentaient une incapacité substantielle dans l’exécution d’au moins 2 activités quotidiennes. 39 avaient subi une SCP unilatérale et 79 une thalamotomie unilatérale MRgFUS du noyau thalamique intermédiaire ventral (VIM). Les auteurs ont établi une cartographie de stimulation/lésion, une cartographie probabiliste de l’efficacité clinique et une analyse normative de la connectivité structurelle. Les cartes d’efficacité ont été comparées, qui décrivent la relation entre la localisation de la stimulation/lésion et le résultat clinique.
Résultats : 1-La SCP reste principalement limitée au VIM, avec une extension antéro-supérieure vers le noyau ventro-oral postérieur (VOp) du thalamus, et avec une atteinte fréquente de la zone DRTT non décussante (ndDRTT). Il y a peu d’infiltration vers les radiations prélemniscales (Raprl), la zone incerta (ZI) ou la zone sous-thalamique postérieure (PSA). À l’inverse, les lésions MRgFUS englobent également la majeure partie du VIM, mais s’étendent plus fréquemment de manière inféro-latérale dans la zone PSA, la ZI et les zones DRTT et ndDRTT. 2-Les cartes d’efficacité se chevauchent autour du bord ventral VIM et englobent la zone DRTT. Alors que la carte MRgFUS s’étend vers le bas dans la zone sous-thalamique postérieure (PSA), la carte SCP se propage à l’intérieur du VIM antéro-supérieur. Il n’est pas surprenant que ces cartes englobent considérablement la zone DRTT, confirmant les travaux antérieurs, qui suggèrent que la cible de tremblement optimale se déplace le long des fibres du DRTT. Conclusion: La comparaison des cartes d’efficacité de la SCP et de la MRgFUS suggère une localisation alternative potentielle plus antéro-supérieure pour les lésions MRgFUS. Cela pourrait réduire les complications sans sacrifier l’efficacité et individualiser le ciblage. La question de savoir si la lésion du DRTT en plus du ndDRTT contribue aux effets secondaires du MRgFUS reste à valider, mais sert d’hypothèse pour de futures études. Article original : Comparative neural correlates of DBS and MRgFUS lesioning for tremor control in essential tremor. Jurgen Germann, Brendan Santyr, Alexandre Boutet, Can Sarica, Clement T Chow, Gavin JB Elias , Artur Vetkas, Andrew Yang, Mojgan Hodaie , Alfonso Fasano, Suneil K Kalia, Michael L Schwartz, Andres M Lozano. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2024, Jan 11;95(2):180-183.
Résumé : Dr Nicole SARDA ex Directrice de recherches INSERM-NeuroPsy.
https://www.aptes.org/wp-content/uploads/2026/05/STORY-FB-3-SLIDES-2EME-Pub-Facebook.mp4 Quand on parle de tremblements, beaucoup imaginent un simple inconfort. Un geste moins précis. Une main qui tremble un peu. Un détail. Mais pour les personnes vivant avec un tremblement essentiel… la réalité est souvent bien plus lourde. Cette maladie neurologique, encore trop méconnue, touche pourtant environ 1 personne sur 200. Et derrière les…



