Association des personnes concernées par le tremblement essentiel

APTES INFO SERVICE
écoute, conseil, orientation
(prix d’un appel local)

contact@aptes.org

MELANIE – 37 ANS – DECEMBRE 2025

Lors de mon premier diagnostic, on m’a simplement dit que je souffrais d’un tremblement essentiel, comme si ce mot suffisait à nommer l’incompréhensible. Mais en réalité, j’ai juste compris après des heures de recherches qu’on mettait le mot essentiel derrière beaucoup de troubles…. Quand on ne sait pas vraiment pourquoi ils existent. J’avais 23 ans.

Mes mains tremblaient, sans explication claire, et avec elles, toute ma vie s’est mise à vaciller. Puis mes mains ont arrêté de trembler et ma tête s’est mise à vaciller ….

S’en est suivie une longue errance médicale, des IRM, des scanners, des traitements à tâtons : propanolol, anxiolytiques, injections de toxines botuliques …. Des silences, des visages parfois bienveillants, parfois indifférents. Puis un épuisement physique et psychique profond.

Je me suis souvent sentie comme une bête de foire lors de consultations parfois avec des internes où les regards observaient mes tremblements sans jamais me parler à MOI en tant que personne : on m’étudiait, mais on ne m’écoutait pas.

J’ai toujours cherché à comprendre ce qu’il m’arrivait, sans trouver de réponse, jusqu’à me perdre dans le quotidien fait de peurs constantes et de stratégies d’anticipations : la peur d’aller chez le coiffeur, chez le dentiste, au restaurant où j’appréhendais le menu : une soupe la pire angoisse pour moi ! La stratégie d’arriver en dernier au restaurant pour ne pas être au milieu de la table, l’angoisse que la carafe d’eau ou la bouteille de vin arrive devant moi et que je doive servir tous les convives …. Juste une angoisse absolue lorsqu’on tremble ….

J’ai tout essayé pour aller mieux : psychothérapie, acupuncture, sophrologie, yoga, pleine conscience, exercices de respiration … Je portais un masque de sourire pour cacher mes tremblements.

Je compensais, je contrôlais, j’anticipais, j’angoissais constamment.

Il m’a fallu attendre mes 35 ans pour qu’une neurologue change le cours de mon histoire… Une énième consultation avec un nouveau neurologue mais elle a su m’offrir ce qui m’avait tant manqué : une explication rationnelle du mal qui rongeait mon quotidien par le biais d’un dessin simple et limpide qui expliquait ma dystonie cervicale avec tremblements dystoniques du tronc.

Ce dessin à tout changé, il a mis en lumière des années de flou.

Ce fut un moment fondateur, celui où la compréhension et la bienveillance ont enfin remplacé la peur et l’incertitude. Pour la première fois, quelqu’un me montrait mon corps, au lieu de simplement l’examiner.

Pendant toute cette période de ma vie, j’ai avancé dans le monde professionnel, construit ma famille.

Titulaire d’une licence de psychologie et d’un master RH, j’ai exercé plus de 10 ans en tant que cadre RH, avec mes tremblements comme compagnons de route, souvent en silence… un métier d’écoute et de présence, mais aussi un terrain d’exposition permanent à mes tremblements, face aux collègues, aux salariés … Mon corps tremblait mais mon envie de comprendre l’humain n’a jamais failli.

Cacher, anticiper, dissimuler, composer.

J’ai appris à survivre dans le regard social, à calculer chaque geste, chaque repas, chaque situation. Chaque geste du quotidien demandait une vigilance extrême, un effort constant pour paraître naturelle.

Je tenais ma tête dans mes mains, je prenais un objet pour stabiliser mes tremblements, je me concentrais sur ma respiration en me disant que je focalisais trop.

Cette lutte constante m’a rendue forte, courageuse, créative, stratège, maligne. Mais elle m’a aussi épuisée.

Car vivre ainsi, c’est dépenser une énergie colossale pour masquer ce que l’on ne peut effacer.

Alors on rêve d’une vie sans tremblement … Avant d’apprendre, peu à peu, à accepter, à vivre avec. Et un jour, j’ai compris que la clé était dans la création.

Et puis j’ai découvert quelque chose : Quand j’écris ou quand je peins, mon corps s’apaise. Je ne tremble plus ou en tout cas, je ne focalise pas sur ce mal.

Dans l’art, il n’y a pas de ligne droite. Pas de jugement. On peut tout dire, tout déposer, simplement, sans se cacher.

C’est ainsi qu’est née ma vocation d’art thérapeute. Depuis deux ans, je me consacre à ma reconversion ou plutôt conversion profonde, soutenue par une double formation en psycho thérapie et art thérapie. J’ai choisi de transformer cette expérience en force !

Même avant la maladie, j’ai toujours eu ce désir viscéral d’aider, d’écouter, d’accompagner l’Autre. J’ai toujours été fascinée par la complexité humaine, les émotions, les blessures invisibles et les masques pour cacher les maux de la vie.

Aujourd’hui, ce projet est concret !

A partir de janvier 2026, j’ouvre mon cabinet en tant qu’art thérapeute certifiée !

Partager sur les réseaux sociaux :

A lire également

ACTUS. APTES

S’habiller, se raser, se brosser les dents ou simplement boire un verre d’eau. Des gestes banals et pourtant difficiles à faire quand on souffre de tremblements essentiels. Une maladie du mouvement, souvent confondue avec le Parkinson, qui touche 300 000 personnes en France. Quelles en sont les causes et comment vivre avec ? Mieux comprendre avec le Pr Dominique Guehl, neurologue au CHU de Bordeaux et Annie Le Brun, présidente de l’association Aptes, elle-même concernée depuis l’âge de 40 ans.

https://www.aptes.org/wp-content/uploads/2026/01/MELANIE-VIAUD-ART-THERAPIE-01_FB-1.mp4 Et si vos mains qui tremblent devenaient des mains qui créent ? APTES propose une séance découverte d’art-thérapie spécialement conçue pour les personnes concernées par le tremblement essentiel. Cette rencontre en visioconférence offre un espace bienveillant, sans jugement, où la créativité devient un moyen d’expression, de relâchement et de reconnexion à soi. Animée par…

L’association APTES met à disposition une ligne d’écoute ouverte 5 jours sur 7, hors vacances d’été.Cet espace est dédié aux personnes concernées par le tremblement essentiel, ainsi qu’à leurs proches, qui souhaitent poser des questions ou échanger autour de difficultés personnelles. La ligne d’écoute permet d’obtenir une première information, d’être orienté et surtout de ne…

Précédent
Suivant
Suivez-nous
Mon choix
  • No products in the cart.