Joëlle, 56 ans, victoire sur le tremblement essentiel

Cette maladie m’aura volé une grande partie de ma vie. Il y a dix ans bientôt que je sais ce qu’est le tremblement essentiel. Des années à me cacher, c’est terrible… Aujourd’hui, et après un traitement d’Avlocardyl® durant dix ans, je prends de la Mysoline® et je pense augmenter. J’ai, le mois dernier, rempli devant la postière, ma première lettre recommandée. Je n’étais pas rentrée dans un bureau de poste depuis vingt ans. Je peux dire que lorsque je suis ressortie, je me suis mise à pleurer. Enfin, des mains qui ne tremblent presque plus. Je voulais que la terre entière puisse voir ce que je venais de faire. Pour ma part, je ne contrôle presque pas le côté gauche et cela même sous médicaments. Qu’importe ! J’ai trois filles, Vanessa, elle a 19 ans et le tremblement essentiel depuis des années et à qui nous avons toujours expliqué, parlé et depuis quelques mois, c’est ma fille de 13 ans. Pour elle, c’est plus difficile. Normal à son âge. Je lui dis qu’elle doit expliquer, Cependant, pour le moment elle ne veut pas. Je respecte son choix. Elle connaît tout sur le tremblement essentiel. De plus en plus, elle appréhende les cours. Je vais tenter de voir ses professeurs. Mon père avait cette maladie, je l’ai, mes filles aussi.

Avoir le tremblement essentiel est une grande bataille, alors battons nous ensemble. Je ne veux plus être humiliée, ni personne d’ailleurs. Je garde dans mon sac à main et en  permanence la définition du tremblement essentiel. Lorsque j’ai des réflexions, je tente d’expliquer et demande aux personnes de lire. « Ah ! je ne connaissais pas ! ». Et oui, ça nous l’avions tous compris. Parlez-en ! Ne vous cachez pas comme je l’ai fait. Je sais ce que l’on ressent. Maintenant, si je tremble devant quelqu’un, je m’en moque.

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