La TMS du cortex moteur primaire gauche améliore l’intensité des tremblements et le contrôle postural dans les tremblements orthostatiques primaires
Un réseau oscillatoire ponto-cérébello-thalamo-cortical est le corrélat physiopathologique du tremblement orthostatique primaire (TOP). Souvent, les patients atteints ne répondent pas de manière satisfaisante au traitement pharmacologique. Par conséquent, l’objectif de la présente étude était d’examiner les effets d’une neuromodulation non invasive par stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS), thêta bursts du cortex moteur primaire gauche (M1) et du cortex frontal médial dorsal (dMFC), sur la fréquence des tremblements, l’intensité, le balancement oscillatoire et la stabilité posturale subjective chez des patients avec TOP.
Méthodes
Selon un plan croisé, 8 patients (âge moyen de 70,2 ± 5,4 ans, 4 femmes) sous médication prédominante de Gabapentine (dose 900-1800 mg/j) présentant un TOP ont été inclus. La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) a été fournie à l’aide d’un appareil MagPro R30 avec une bobine papillon MC-B70 (Medtronic). Des impulsions biphasiques ont été appliquées soit sur le cortex moteur primaire gauche (M1), soit sur le cortex frontal médial dorsal (dMFC). M1 a été déterminé individuellement comme le site où la TMS a provoqué une contraction sélective dans la partie inférieure de la jambe controlatérale. De plus, la zone de la main sur M1, comme zone fournissant la contraction controlatérale du doigt la plus sélective, a été localisée. Le seuil moteur au repos (RMT) a été prélevé dans la zone de la main M et défini comme l’intensité minimale de la TMS requise pour obtenir une contraction visible de la main controlatérale après 5 impulsions consécutives sur 10s. L’intensité de la rTMS pour le protocole de stimulation a été fixée à 80 % de la valeur RMT à partir de la représentation M1 de la main. Des pulses biphasiques ont été appliqués de façon croisée, sur les zones du cortex primaire moteur (M1) de la jambe gauche ou sur le cortex frontal dorso-médian (dMF) lors de la première session, suivie d’une rTMS de dMFC ou M1 respectivement, lors d’une deuxième session d’étude, 30 jours plus tard. La fréquence et l’intensité des tremblements ont été quantifiées par électromyographie de surface des muscles de la partie inférieure de la jambe et le balancement total par posturo-graphie (caoutchouc mousse avec les yeux ouverts) avant et après chaque séance de rTMS. Les patients ont évalué subjectivement leur stabilité posturale sur la plateforme posturo-graphique après chaque traitement rTMS.
Résultats
Les auteurs ont constaté que la fréquence des tremblements ne changeait pas de manière significative après stimulation M1 ou dMFC. Cependant, l’intensité du tremblement était significativement plus faible après la stimulation M1 versus la stimulation dMFC (significativité p = 0,033 / p = 0,339). Le trajet oscillant a nettement diminué après la stimulation M1 (significativité p = 0,0005) et la stimulation dMFC (significativité p = 0,023) par rapport à la ligne de base. En conséquence, les patients ont indiqué une meilleure sensation subjective de stabilité posturale à la fois avec M1-rTMS (significativité p = 0,007) et dMFC-rTMS (significativité p = 0,01).
Conclusion
La neuromodulation non invasive, en particulier de la zone M1, peut améliorer le contrôle postural et l’intensité des tremblements dans le TOP en interférant avec le réseau oscillatoire central impliqué.
Article original
TMS of the left primary motor cortex improves tremor intensity and postural control in primary orthostatic tremor. Florian Schoeberl, James Dowsett, Cauchy Pradhan, Denis Grabova, Angelina Köhler, Paul Taylor, Andreas Zwerga. J. Neurol, 2024 Jun; 271(6) pp 2938-2947.
Rédaction : Dr Nicole SARDA, ex-Directeur de recherche INSERM-NeuroPsy



